Au Pont du Rock 2018 : une traversée fantasmagorique

Au Pont du Rock 2018 : une traversée fantasmagorique

Vendredi et samedi 3 et 4 août, le P’tit Rennais a voyagé jusqu’au Pont du Rock. Record de fréquentation pour le festival, la ville de Malestroit s’est métamorphosée en Poudlard le temps d’un weekend. Des artistes à la hauteur des plus grands sorciers se sont succédés sur les scènes Dragon et Grenouille.


Avec les Négresses Vertes, Malestroit s’est trouvé frappé par le soleil de Bodega. Quand les membres du groupe se produisent sur scène, leurs chansons iconiques ont le vent en poupe. Les corps se laissent frénétiquement porter par des danses pleines d’entrain. La conception même de la fougue prend alors sens. De l’intergénérationnel. C’était si beau.

Plus tard, MHD saisit les foules. Après avoir écorché la prononciation de notre petite cité de caractère, MHD s’est rattrapé en exigeant un drapeau de la Bretagne. Aussitôt dit, aussitôt fait. Un drapeau se fraye un chemin jusqu’à la scène et se glisse sur ses épaules. “Mais elle est où ? Mais elle où? Mais elle où la boula gang ?” En tout cas, le public était bien là. Et au grand plaisir des festivaliers, MHD a prolongé un show à la hauteur de ses espérances.

© David Esnault

© David Esnault

Un festival mêlant toutes les cultures musicales

Lors d’une rencontre sur le sofa détonante, les membres du groupe Hyphen Hyphen nous confient l’importance qu’ils accordent à leur scénographie. Ils ont su nous prouver avec véhémence leurs allégations. Le public était totalement béat dès leur entrée en scène. Pour tout vous dire, on en a pris plein les mirettes. Avec Hyphen Hyphen, on collectionne les moments de bonheur. Songez à ces instants où malgré la chaleur, votre corps frémit de plaisir… Dès les premières notes de la chanteuse Santa, le public s’écrie, saute, s’exalte. L’osmose entre les membres du groupe s’intensifie entre chaque interprétation. Le public transgénérationnel s’est trouvé happé par une reprise de Jump Around et des clins d’oeil successifs à la Coupe du Monde. Après s’être abandonné au public, le groupe s’éclipse en toute beauté suite à une prestation hors du commun. En un mot ? Hypnotisés.

Hyphen Hyphen © David Esnault

Hyphen Hyphen © David Esnault

Hyphen Hyphen © David Esnault

Hyphen Hyphen © David Esnault

Par la suite, Too Many T’s a su apporter sa touche hip-hop au Pont du Rock. Quelques talents en herbe performent sur leurs refrains. Pas de battle, mais on surprend quelques danses improvisées dans la foule. Un flow des années 80/90, un DJ fort habile et le tour est joué avec ces artistes belges. L’ambiance est à la fois bon enfant et engagée. Ces artistes mettent l’index sur des sujets de société primordiaux comme le Brexit. Que faire sinon apprécier tant de volonté et de bonnes intentions ? Et en plus, ils sont fair-play et s’inclinent devant le talent de Mbappé !

Too many T’s © David Esnault

Too many T’s © David Esnault

Too many T’s © David Esnault

Too many T’s © David Esnault

Samedi, cure de soleil devant Flor Del Fango. Des sonorités espagnoles et mexicaines ont enjoué un public friand de bonne humeur. Certains festivaliers étaient assis en nombre en terre malestroyenne pendant que d’autres se déguisaient malgré la chaleur. Les plus enjoués se déhanchaient alors sur des titres latino auxquels se liaient quelques notes plus rock. La chanteuse arborait une tenue ibérique. Cha-cha-cha. Rendez-vous dans les quartiers gitans du dud de l’Espagne. S’en suivait un titre en français et un ultime tout en fraîcheur.

Flor Del Fango © David Esnault

Le Pont du Rock emprunté par Trust, General Eletriks et… Gauvain Sers !

Originaire de la Creuse, Gauvain Sers prend le relai. Avec sa casquette en velours côtelé, ce chanteur nous inspire la sympathie. Renaud ? Saez ? Impossible de vous certifier ses inspirations, mais on signe. En tout cas, il adore les Bretons et nous juge meilleur public de France. Un point pour lui ! Une balade dans une Citroën d’époque? “Attachez vos ceintures”. Et lorsqu’il nous propose un titre inédit, on salue le privilège. D’autant plus quand la balade est féministe : “La liberté d’une femme vaut tout l’or du monde”. Et enfin, Gauvain Sers rend un hommage touchant à Alain Souchon.

Gauvain Sers © David Esnault

Ouh ouh!” Non non, détrompez-vous, ce n’était pas une soirée blanche mais le dress code pétillant des General Elektriks. Rock vibes. Et pour pimenter le tout, des notes très électriques.

Et le tant attendu Trust a finalement fait son apparition. Le public se ruait en masse pour assister à une prestation digne d’un défilé de grand couturier. Les musiciens ont fait vibrer un public énergique. Trust, c’est cette passion intacte et virulente. Le P’tit Rennais adule encore plus ces artistes engagés et inspirants. Ceux qui donnent envie de faire bouger les choses. Ceux qui critiquent notre société et envisagent d’autres possibles. Trust est de ceux-là. Ceux qui rassemblent, honorent la différence et condamnent la haine. “Et pour ceux qui ont voté en marche arrière”, Trust leur a dédié une chanson, l’Exterminateur. Au moins un qui ne manque pas de dérision. Et qui sait se faire désirer quand vient la fin de son spectacle. Puisque oui, Antisocial demeure tout de même l’incontournable de Trust.

Trust © David Esnault

Trust © David Esnault

Des notes plus douces et un final à la hauteur du reste du festival

Beaucoup plus doux et poétique, Fakear nous a peint le plus beau des tableaux. Accompagné à la harpe, son set s’est révélé hypnotique. Voyez la phase du sommeil où il vous est permis de rêver l’impossible ? À cet instant précis, Fakear intervient et chacun de vos rêves peut s’exprimer et se réaliser. Et lorsque le set se lie d’inspirations amérindiennes, le voyage est garanti jusqu’au bout de la nuit.

Fakear © David Esnault

Fakear © David Esnault

Fakear © David Esnault

Transition plutôt surprenante avec Ultra Vomit. Avec eux, même le souvenir de chansons les plus nazes fait sourire grâce à leurs parodies toujours plus absurdes. Leur valeur ajoutée ? Une bonne dose d’humour, de metal et de peps.

Ultra Vomit © David Esnault

Ultra Vomit © David Esnault

Ultra Vomit © David Esnault

Enfin, Møme s’est produit sur la scène du dragon. Ce talent était en capacité d’exécuter à la perfection le sortilège Expecto Patronum. Il nous a dédié un set magistral. La performance scénique était de taille et a bluffé le public. On a même eu le droit à une exclusivité en live. Et l’artiste hip-hop invité sur scène a délivré une prouesse technique incroyable. La magie du Pont du Rock a décidément opéré.

Photos par David Esnault

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