Chronique n°3 : les sentiers battus du touriste

Chronique n°3 : les sentiers battus du touriste

8H00 : Je me réveille, bois un café / clope et pars tranquillement sortir mon chien sur le sentier des douaniers. Évidemment, comme à mon habitude, je ne prends pas de laisse. Il est sage le Dydy à son papa.

8H36 : Je viens de m’engueuler avec une dame avec un petit cabot tout moche et tout rifrifri, on aurait dit qu’il avait été accouché des bourrelets de la gente dame. Tout ça parce qu’il n’avait de laisse. Son mari, à côté, caressait tranquillement mon chien.

10H22 : Je ne peux plus me garer chez moi, deux Mercedes immatriculées 78 sont parquées devant ma maison. Une troisième arrive, s’arrête en plein milieu de tout.

10H26 : En fait, le couple qui s’est garé à l’arrache, est venu sonner pour me demander si la maison était à vendre. Je leur ai gentiment demandé d’aller voir à la mairie si l’église n’était pas à vendre.

11H18 : Je vais me baigner dans mon endroit habituel sans touriste. Arrivé là-bas, je découvre un troupeau de scouts d’Europe qui chante et qui chante et joue de la guitare, traditionaliste. Je les contemple dix minutes en imaginant mille et une façons de leur faire bouffer leurs merdes.

12:30 : Il n’y a plus de place pour manger au restaurant. Je vais faire des courses.

13H54 : Je sors du magasin avec un sandwich triangle, un soda et une boîte de six oeufs.

15H10 : Je vais à Lannion qui est normalement à un quart d’heure de Ploumanach.

15H35 : Je suis toujours à Ploumanach dans les bouchons. J’ai déjà usé trois oeufs. Un pour un mec qui avait failli me rentrer dedans en « oubliant » la priorité. Un pour le Parisien qui me gueulait dessus parce que je lui avais écrasé les pieds. Un, sur un gamin, pour le plaisir.

15H56 : J’arrive sur Lannion.

19H20 : Je rentre chez moi. Les flics m’attendent, ils me disent que ça fait la quatrième fois qu’ils reviennent pour une altercation avec un touriste. Le plus gentil des policiers me conseille d’éviter les oeufs dans la voiture…

19H29 : Ils repartent. Je remarque que leur plaque est parisienne.

20H00 : Je reste chez moi à me morfondre dans mon canapé, en espérant que l’été va se finir.

Et oui, Messieurs les Parisiens, il fait beau maintenant que vous êtes partis. Vous avez fait venir le stress, maintenant, je décompresse. Gniark.

Les vacances, c’est bien.

Je n’ai pas eu l’occasion de partir, mais j’ai quitté Rennes afin de faire une pause à Ploumanach. Cette année, la « Bourgade », que je qualifie de station balnéaire, a été élue par Stéphane Bern et son compagnon, « argent », de, je cite : « Village préféré des Français 2015». Wow ! Quelle aubaine ! C’est vrai qu’il est temps d’avoir des parkings payants, un renfort de flics, avec ces glandeurs de l’ASVP et une masse de touristes qui ont pour habitude de regarder la télé après leur boulot.

Bandes de bobofs (mélange de bobo et de beauf). Vous avez fait de cette côte, un endroit où il nous fait bon de vivre… Hors saison et hors saison seulement. Parce que l’été, oui je dis bien l’été, il m’est quasi insupportable d’y vivre, mais j’adore me plaindre comme un bon Français aux origines douteuses.

Bon d’accord, je confirme que je ne suis pas à plaindre. Je peux me baigner comme bon me semble, me balader, et même bronzer à poil dans mon jardin ! Je respire.

Mais merde, quoi. La population augmente de 130% en l’espace d’une saison. Vous êtes des affreux types !

Vous achetez les souvenirs bretons en même temps, marchez en même temps, vous avez tous la même idée originale de manger un pique-nique, tous sur le même caillou, parce qu’il est joli et un peu reculé. Bande de cons, allez chier dans les mêmes toilettes tant que vous y êtes !

Et puis, tout est fait pour votre consommation. On se fait des couilles en or sur votre dos, mine de rien.

J’exagère peut-être un peu. Mais quand même. Quand on regarde une station comme Ploumanach, il est très flagrant, que, tout est prévu pour vous !

Les restaurants, les panneaux indicatifs, le chemin, les parkings… On pourrait presque croire que le décor est là pour vous. Et il n’empêche que c’est peut-être votre seul moment de l’année qui vous permette de vivre un peu.

Je suis un mec aigri de toutes sottises et je ne finirai de tordre tout ce qu’il y est tordable. Mais vous savez, à chaque mal son bien.

Vous nous amenez, tout de même, malgré vous, un peu de joie. Parce que c’est vrai, qu’en conséquence, l’hiver, et bah, il n’y a rien à faire. Toute la populace de notre bourgade aime l’animation que vous nous y amenez. La pluie est présente à votre venue, et le soleil revient à votre départ, mais au moins il y a de la vie. Les trois-quarts de maisons vides se remplissent dans les mois de juillet et août… Imaginez pour nous : la révolution. On peut rencontrer plein de gens nouveaux, boire des coups à s’endormir sur Trestraou et même rire de vos dépenses en repas gastronomique.

Mais si jamais bandes de larves, vous venez l’année prochaine : venez réveiller, et, moins nombreux.

Laisser un commentaire