Chronique préambule : Retour à Rennes

Chronique préambule : Retour à Rennes

Quatre jours à Rennes, quatre jours seulement. À chaque fois, c’est la même, je suis censé rester deux jours, mais je suis faible face aux traquenards ; Je plane. Et je me prépare à cette douce rentrée, pour y revivre. Rennes est le carrefour des gens qui se déchaînent. Vous savez, je considère que chaque ville a son odeur, sa force, son idée… Imaginez l’odeur.


Comme celle des concerts de musiques électroniques que l’on vous sert dans une cave à moitié abandonnéeÀ la fois agréable et désagréable, car c’est l’odeur commune qui émane de tous ces gens. Elle vous tient, vous agrippe et, finalement, fait partie de vous. Et vous dansez plus fort encore, comme accroc à cette pestilence qui, finalement, vous enivre de plaisir jusqu’à vous faire sentir vous, et tous ceux qui vous entourent. Déchaînez-vous braves gens ! Que cela ne soit que votre pensée jusqu’au jour où, vous ne serez plus le même. Vous serez de ceux qui sont « fatigués » pensant à leur petit confort alors qu’hier, vous faisiez tout. Regrettant la belle époque, nostalgique sur le temps où vous pouviez vivre pleinement avec tout individu. Dans la seule complaisance de vos anciens espoirs, vous sentirez la douce frustration de votre tendre jeunesse.

Non mais que ce soit clair, personnellement, j’ai hâte de revoir la côte perrosienne dans le seul but de me  » véroler » sous la couette après un pique-nique sur la plage. Rennes, je m’adresse à toi et à tous ceux que tu regroupes. Tu es fatigante. Oui, tu es aussi fatigante que les jolies dames que je rencontre et pourtant tout aussi passionnantes. Je me rappelle de mes premières fois. J’étais aveuglement heureux par la jouissance que tu pouvais m’apporter, mon coeur ne demandait qu’à festoyer, à n’en plus finir. Je respirais ton odeur comme dans le cou d’une femme, caressais tes murs et m’imaginais une peau douce et soyeuse, et je vivais à travers toi.  Et comme beaucoup d’autres, je me suis lassé. Pardonnez moi, vous, grands amoureux se bécotant sur les bancs publics, profitez, c’est tout ce que j’en ai à dire. Je ne trouvais plus d’intérêt à notre bonne rue Saint-Michel, ni à la place des Lices, pas même à l’élaboratoire qui est maintenant clos. J’avais dépensé beaucoup trop d’énergie pour entretenir un lien qui mènerait à de saines choses. Que c’est pessimiste ! On a la sensation d’entendre le vieux con qui ne sait que dire au jeune : « Tu verras quand t’auras mon âge ! ». Il dit ça, car le temps ne suffit pas, il faut en plus qu’un homme vidé d’espoir nous le rabâche. Un an après, je reviens. Nos sens résument le pont entre nous et tout ce que l’on peut apercevoir. En fait, aujourd’hui, je ne vois plus Rennes comme je la voyais avant. L’odeur est pour moi… différente. C’est tout de même identique et pourtant, je retombe amoureux. Je retrouve l’espoir perdu, tout en me disant qu’il aurait été mieux de le garder.

Dès cet instant, je ressors la panoplie, afin de plaire, de faire la cour à cette ville que j’ai autrefois connue. Voilà que je remets mon beau parfum plein de poussières, ma chemise plissée par le temps et mon ami : pack de bière. Ma petite voix me parle et me dis :

« Te souviens tu comment tu étais heureux ?

– Ah oui, ça je m’en souviens ! C’était top !

– Alors pourquoi, oui, pourquoi, ne réessayes-tu pas ? »

Mensonges et balivernes. Je n’étais pas heureux en m’auto-détruisant dans l’esprit festif où l’on m’offrait drogues et boissons en tous genres. Non, maintenant, je vois la fête ET ses opportunités. Combien de mondes différents peut-on rencontrer à Rennes ? Les zonards, les musiciens, le monde associatif, les étudiants, les hipsters, les gens de quartier, les barmans et j’en passe. C’est une ville à opportunités, car le réseau se tisse facilement quel que soit votre projet, même si vous n’en avez pas. Tout ça pour dire, que pour une bonne vie à Rennes, il faut deux choses. L’une est quasi inévitable, c’est la fête. La deuxième dépend de vous et est réciproquement utile à la première, ce sont les projets. Mais attention, garderez-vous votre entrain lorsque vous sortirez d’ici ? Ouais bref. Donc je disais…

Quatre jours seulement et je retombe amoureux

J’ai alors pris l’opportunité d’écrire ici. En festoyant, j’ai rencontré cette personne qui me permet de m’exprimer. J’écris pour percuter ta personne aux situations que tu vis tous les jours. Ce que j’ai fait ou n’est pas fait pour un tel ou un tel, et que toi aurais pu faire ou ne pas faire. Que pense le gros immonde dont tu te moques, dégoulinant de sueur, car il est au bord du malaise ? Qu’est-ce qu’il se dit le zonard, que tu évites, alors que sa femme et ses enfants sont morts il y a vingt ans. Alors, regardes et observes ! Ce que je veux transcrire ici, sont mes sentiments. Cette situation, tu l’as peut-être vécue. Tout en essayant de garder mon cynisme bienveillant, que vous ne verrez, que sur vos écrans.

Bienvenue chez moi, dans ma tête, mais dans notre environnement. Notre grand jardin. 

Salut bandes de larves, à la prochaine et bon réveil !

Prochaine chronique  : Le bal masqué des gens sincères #1

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