Les ébats de la cité phocéenne

Les ébats de la cité phocéenne

Marseille respire tous les pays environnants… L’odeur des épices venue du Maghreb envahit agréablement mes narines et l’air frais du mistral refroidit correctement ma peau.


Cette essence m’avait manquée. Vous le savez peut- être déjà, mais je considère que chaque ville a son odeur. Mille et un parfums se mélangent à celui de la mer, me faisant oublier les sons dissonants de la ville et des travaux. J’entends l’eau du port, se moquant de celui des mouettes. J’entends la chaleur de Notre Dame de la Garde, portant au cœur tous ses habitants. J’entends l’accent et l’occitan qui murmurent le parfum de la lavande et chantent le son des cigales. La ville change à vue d’œil mais l’esprit reste le même.

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Notre Dame de la Garde

Même le marché du soleil résiste à la persistance des changements que veut apporter le bon maire de Marseille. Quant au quartier du Panier, il perd de son âme au fur et à mesure, mais il révèle ses derniers résistants à l’osmose d’antan.

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Quartier du Panier

Le santonnier est toujours là, et je n’ose dire depuis combien de décennies il s’enracine. Si un jour, vous venez à Marseille, je vous conseille de regarder le film nommé « L’âme du Panier », c’est bien plus réel que « Plus belle la vie ». Il montre à quel point ce quartier était vivant et ce qu’il engendrait. Là-bas, les enfants s’y baladent sans crainte, jouent et crient dans cette mini-ville. Pierrot, le doyen, faisait sourire les touristes et apportait la joie à ces enfants… et je lui rends tous mes honneurs pour avoir donné tant d’humanité. L’entraide était omniprésente et rares étaient les problèmes graves. Après l’école, les bambins pouvaient s’y balader sans crainte, en jouant à loup sur la place des mouettes.

Ces derniers temps, on y a construit un hôtel cinq étoiles pour justifier les avis d’expulsions. Les bâtiments vides attendent quelques rénovations, pour qu’on y fasse quelque chose d’un peu plus classe. Dans le quartier du Panier, c’est la bobo attitude qui est au goût du jour ! Il est quand même bien ce quartier.

Aujourd’hui on y retrouve des magasins plus «cosy», en mode rétro avec des fleurs partout. Ma plus grosse surprise reste le Mucem : ce nouvel aménagement m’a surpris au plus haut point.

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Le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée)

L’eau de la méditerranée, douce et tendre, avec une bleutée sans pareille. À travers les barreaux du Mucem, la lumière m’éblouit tant elle est forte, mais elle me montre les voix de l’estaque et de son port de commerce.

Après dix ans, voilà que je me suis rendu compte que j’étais resté amoureux de cette ville. Le « village », se trouvant à l’intérieur émerveille tous mes sens, et mon coeur repart de plus belle en montant l’escalier en colimaçon. Tout en haut, le vieux-port sourit à nos amis pêcheurs. Ils y vendent de la rascasse tous les matins. En face de lui, nous avons le pharo, qui nous rappelle que la cité nous abrite. Et je ne peux voir que le persistant sourire que me tend le J4, juste en dessous. Si je le pouvais, j’embrasserais cette eau là, avec passion.

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Le Vieux Port

J’apprécie

Je ne vous parle pas de callelongue et de ses calanques : elles sont sublimes. À vous de voir si vous y passez. Comme on dit : « Inchallah ». Marseille n’est pas une ville totalement « dangereuse » comme on le dit dans les médias et dans les séries pourries et rares sont les bruits des AK-47.

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Les Callanques

Venez faire un constat, vous verrez, c’est une bonne surprise !

1 comment

  • Ravie d’un tel article sur Marseille ! C’est toujours un plaisir d’entendre du bien d’une ville qui a tend à donner mais qui est pourtant si mal jugée.
    Un grand merci

    Une marseillaise à Rennes

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