Y, l’histoire d’une génération imagée

Y, l’histoire d’une génération imagée

Smiley, GIF, émoticône, caractères spéciaux, ♛, ❀, ♫, ☼ et autres visuels ont envahi nos champs de communication numérique.


Le smiley lui-même fait son apparition, dans une moindre mesure, dans les échanges du monde de l’entreprise. Il n’est pas rare de voir des conversations transformées en rébus géant, entre des chiens qui sourient et des pouces levés.

No comment !

Je me permettrai de parler de notre volonté de communiquer au-delà du simple mot, survolant le verbe pour donner un aperçu visuel de nos pensées.

Devenue chose possible avec le développement des plateformes de messageries instantanées et des blogs dans les années Myspace/MSN, l’utilisation de ces concentrés de pixels s’est grandement étendue et semble ainsi faire partie d’un paysage numérique normalisé, jusqu’au mail de grand-mère.

Mais qu’est-ce que cela change, finalement ?

Bien que cela semble faciliter grandement la communication et apporter une touche de gaieté dans nos écrits, n’oublions pas que ces symboles, mis à disposition, ne sont pas forcément universels et peuvent, eux aussi porter à confusion.

Je citerai simplement l’écrivain Bernard Werber :

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. »

Aussi, l’écriture apporte quelque chose d’unique qui a tendance à s’évaporer dans cette société visuelle : L’imagination. Cette qualité qui peut paraître minime est beaucoup plus sollicitée par l’écriture que par l’image qui est, elle, beaucoup plus suggestive. Je me souviens de ce poème de Eluard, « La courbe de tes yeux« , qui m’avait fait réaliser la puissance des mots. Je me dis maintenant que si je l’avais découvert accompagné d’une illustration, ma vision de ce dernier aurait peut être été différente. 

Sur ce, je vous souhaite de caresser le mot juste et d’apprécier la simplicité de l’instant.

Tendrement.

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