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Amablanc, récit initiatique d’une jeunesse post-rock

Trois ans après son dernier disque, la formation rennaise revient avec Homesick, une épopée nostalgique sur fond de passage à l’âge adulte sortie le 20 novembre dernier. Je leur ai demandé de me parler un peu de cet album et de leur vision de l’après-confinement.


Comment s’est déroulée la création de l’album ? En quoi celui-ci diffère-t-il du premier ?

Contrairement à Room 1, notre premier album, la création d’Homesick a été assez longue. Nous avons pris plus de temps pour travailler les morceaux et les faire évoluer. Certains d’entre eux, tels que Fear is Home, ont été finalisés juste avant l’enregistrement.

La composition s’est étalée sur plus d’un an. Ça nous a permis de prendre du recul et d’expérimenter sur ce que nous allions enregistrer. Une fois arrivés en studio, on savait où l’on voulait aller.

Est-ce que le confinement a impacté votre processus créatif ? Y a-t-il eu des changements de plan par rapport à ce que vous aviez initialement prévu ?

A vrai dire, le premier confinement est « assez bien » tombé, dans le sens où Baptiste, qui s’occupait du mixage, a pu prendre le temps qu’il voulait pour travailler dessus. Valentin et Marine étaient très occupés de leur côté, travailler ensemble aurait donc été difficile. Les conditions se prêtaient finalement plutôt bien à ce travail de mixage, où nous faisions nos retours à distance.

Ça a été très différent pour le deuxième confinement. Maintenant que l’album est sorti, on attend qu’une chose : répéter ! On espère vraiment pouvoir reprendre tout cela bientôt ! Eh oui, cette période nous a aussi empêché d’organiser une release party, mais ce n’est que partie remise !

Pourriez-vous m’expliquer comment a évolué le projet au fil des années ?

Il s’agit à la base du projet solo qu’avait Baptiste en plus du groupe Cheapster, dans lequel nous jouions tous ensemble avec Briac d’edern et Paul, qui gère aujourd’hui Crème Brûlée Records. C’était un projet guitare/boîte à rythme/voix de pop et cold wave à la Current Joys, une grosse influence à l’époque. Assez vite, Marine et Valentin ont rejoint le projet. On a fait quelques concerts, puis on a composé le premier album, Room 1.

À ce moment-là, on s’appelait Brigid et Michel. Ça venait de nos surnoms au lycée. Michel pour Baptiste, à cause d’une histoire de soirée, et Brigid pour Marine, en référence à la claviériste de Thee Oh Sees. Évidemment, on nous a vite fait des blagues en référence à la célèbre chaîne de pornographie. On n’y avait même pas pensé, on se sentait un peu con ! Vu que l’on prenait tous ce projet très au sérieux, on a choisi de se renommer Amablanc à la sortie du premier album.

Artwork : a ghost with flip flops

Ces dernières compos évoquent des choses très nostalgiques, quelles ont été vos sources d’inspiration pendant leur conception ?

D’un point de vue purement musical, des groupes comme Do Make Say Think, Mogwai, Cult of Luna, Slint, ou encore Godspeed You ! Black Emperor ont toujours été des références pour nous, au niveau de la construction des morceaux comme dans la puissance émotionnelle qui se dégage de leurs créations. Des groupes comme Duster et Helvetia ont aussi été de grosses révélations.

Ensuite, on entre tous un peu plus dans la vie adulte, ce qui apporte son lot de changements. Ça fait peur et ça rend nostalgique, d’autant plus avec tout ce qu’il se passe en ce moment.

Y a-t-il une signification particulière derrière le nom de cet album, ‘Homesick’ (que l’on pourrait traduire par le ‘mal du pays’) ?

Homesick fait référence à la peur de l’avenir et du changement, ainsi qu’à la perte du réconfort et des acquis. Aussi effrayante que fascinante, cette anxiété de l’inconnu nous ronge et ne nous donne pas la satisfaction d’être maître de notre destin.

Qui a réalisé l’habillage visuel du disque ?

C’est a ghost with flip flops qui est responsable de toute l’identité visuelle autour de l’album. C’est elle qui a réalisé les clips de Dance Alone (diffusé en septembre dernier) et de Homesick, dont la sortie est prévue pour bientôt !

Vous avez aussi changé de line up. Pouvez-vous nous en dire plus ?

En effet ! Théo, bassiste dans Camden Supernova et edern, est venu remplacer Marine, qui a décidé de se consacrer à ses études à Poitiers. De par sa sensibilité artistique et sa polyvalence (synthé, guitare, basse, etc.), il apporte une nouvelle touche musicale à Amablanc. On est très contents de l’accueillir dans le groupe !

On imagine que les concerts, ce ne sera pas pour tout de suite. Y a-t-il néanmoins quelques infos sur des choses à venir que vous souhaiteriez partager avec nous ?

On a pas mal de choses de prévues pour 2021. On va se remettre à composer de nouveaux morceaux et se concentrer sur l’aspect scénique. Un projet d’accompagnement et de résidence est d’ailleurs en préparation avec l’asso Rituel 111, ce qui nous permettra entre autres de travailler sur ce nouveau line up. On a plein d’autres projets qu’on a hâte de réaliser !

« Homesick » est sorti le 20 novembre dernier chez Crème Brûlée Records.

L’album en écoute : https://amablanc.bandcamp.com/album/homesick

Crédit photo : Jean-Adrien Morandeau

Written By: Antoine Bouthmy

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