Freak It Out : ” Il y a toujours eu une volonté de faire une musique qui se balade entre plein de styles “

Pour la sortie d’un nouveau clip, le groupe cosmico – cinématographique – mathématiquement rock Freak it Out est venu nous parler un peu de lui. De ses débuts à ses influences, en passant par ses rêves. Nous avons passé un moment ensemble à ausculter les divers éléments qui forment la magie de leur musique. Asseyez-vous confortablement et appréciez ce voyage, sans retour, dans l’esprit labyrinthique de ces gais lurons acidulés.

Comment ça a commencé Freak It Out ?

Ça fait 7 ans maintenant qu’on existe, avec Thibault le chanteur, Lancelot le batteur et Martin l’ancien guitariste. C’était un projet de lycée. On a tous fait un peu de chemin et on s’est dispersés dans des villes différentes, le projet a donc dû faire une pause. On s’est tous retrouvés à Rennes par la suite, on a remonté le groupe, puis recruté deux nouvelles personnes, Pierre et Fabien, c’était il y a 2 ou 3 ans. Au niveau de la formation maintenant, Maxime notre nouveau guitariste est arrivé pour remplacer Martin.

Avec cette formation, par conséquent, votre son a changé ?

Évidemment ! Il y a toujours eu une volonté de faire une musique qui se balade entre plein de styles. On compose un peu en patchwork. Une première personne va amener une grosse idée, et chacun va ramener ses idées ce qui va transformer l’idée de base. Fabien par exemple modifie les riffs de guitare avec ses instruments. Donc il n’y a pas vraiment de leader artistique, mais il y a quand même une idée directrice. On ne va rien s’interdire, mais on va dire que certaines choses nous parlent moins.

photographie de Cyrille Bellec

Comment vous trouvez cette cohérence entre ces différents univers / patchworks que l’on retrouve dans votre musique ?

Il y a surtout une progression dans l’écriture. De plus en plus, on évolue vers plein de styles différents. Mais avant, toutes les parties au sein d’un seul morceau n’étaient pas réellement traitées dans leur ensemble. Donc maintenant, on prend plus notre temps de traiter une idée de fond en comble. Après, la cohérence elle se fait par l’influence qu’a chacun sur les autres. Et puis comme on est aussi une bande de potes, on écoute en partie les mêmes choses, sur la même période de temps. On a forcément des références communes, à un moment T, ce qui a pour conséquence d’avoir des idées qui se rejoignent naturellement. La cohérence se fait aussi dans le jeu de chacun et dans les univers. On est quand même une bonne partie du groupe à ne pas être sorti d’un cursus standard, c’est à dire du conservatoire. Le projet se retrouve donc délimité surtout par les personnalités de chacun et pas seulement sur l’aspect technique.

C’est quoi les références à la base que vous avez pour définir votre projet ?

Trust et Matmatah (rire). Pour les références on va dire que ça change souvent. Il y a des groupes qu’on va aimer à plusieurs, mais qui ne font pas l’unanimité. Par exemple, on a un morceau qui s’appelle « Robot ». On en a reparlé, et c’est vrai que pour ce morceau, King Gizzard And The Lizard Wizard nous a beaucoup influencé. Mais maintenant, c’est plus disparate, on a tous des univers différents.

Sans tomber dans le full happy, on essaye de faire un truc positif, ça nous fait toujours plaisir de faire danser les gens. C’est pour faire la fête. On essaye aussi de plus en plus de faire ressortir un aspect complexe rythmiquement, avec des mesures composées, des métriques asymétriques. On peut avoir un côté de notre musique qui peut être chargé et lourd, donc on essaye de faire transmettre de la légèreté pour contrebalancer cette lourdeur dans notre technique. Quelque chose d’assez libre, en fait. On est un groupe live à la base, on aime bien rire, on aime bien sourire, donc bien sûr ça se ressent dans notre musique. A part moi, qui me sape en noir ( Thibault le Chanteur ), tous les autres sont avec des couleurs pétantes, il y a une petite volonté de déguisement, de faire la fête tout simplement et de rigoler de la futilité de la vie (rire) .

Et puis être autodidacte ça permet aussi d’être plus spontané, de moins se prendre la tête sur divers sujets. Comme dans tous les groupes, il peut y avoir beaucoup de prises de têtes. On a de la chance depuis l’année dernière de pouvoir faire des résidences. On a aussi des accompagnements avec des professionnels qui nous disent ce qui marche ou ce qui ne marche pas. On a pu se rendre compte aussi par nous-même de ce qu’il fallait améliorer.

En 2020 est ce que c’est possible de vivre de la musique ?

Comme on disait tout à l’heure on est accompagnés par des structures qui nous conseillent et aident dans nos démarches. On essaye maintenant de trouver des dates avec des salaires plus confortables pour bien sûr pouvoir en vivre. Après, ce qui est particulier, c’est qu’on est 5 donc ça demande quand même beaucoup d’argent pour qu’on puisse tous en vivre. On a chacun des situations autres dans la vie, entre les études et le travail. On est tous sous le seuil de pauvreté ( rire ), on fait des tours de bagnole sur le périph’ et on jette des peaux de bananes ( rire ). Nan mais en vrai on fait des concerts surtout pour pouvoir bouffer dans les selfs. On se nourrit essentiellement de catering, d’ailleurs merci pour le café (rire). Forcément on a l’ambition de vouloir en vivre, mais c’est pas la bonne perspective de se dire qu’on fait de la musique pour se faire de l’argent. On brasse plein de styles, c’est parfois difficile à sonoriser. On a toujours pas d’ingé son attitré qui nous suit par exemple. Pour le moment on se dit que ça avance. Entre 2018 et actuellement on peut revendiquer 70 dates à peu près.

Si vous pouviez réaliser un projet en lien avec de l’image vous feriez quoi ?

On s’est rendu compte avec le clip de « Sorbet »  que c’est très complexe. Ca prend beaucoup de temps. Puis je pense aussi qu’on est assez chiants, même parfois quand on fait des collab’ ça finit un peu mal. On est très exigeants, sans savoir exactement nous-même ce qu’on veut. Après, j’ai pas envie de parler de l’album non plus mais on nous a proposé d’intégrer de la 3D pour le live.

Sinon on voudrait faire des sons pour des machines à café, ou la musique qui passe dans le métro aussi. Des musiques pour les dentistes, des hymnes à la souffrance. On aime bien aussi tout ce qui est mort. On est sur un projet de musique de cimetière actuellement, avec des enceintes logitech. (rire)

Photographie de Cyrille Bellec

Dans un horizon lointain vous vous voyez faire quoi avec ce projet ?

Une tournée sur Mars, des trucs à quelques années lumières nous on est chauds (rire). Pour le moment on n’a pas encore le pouvoir de dire nan aux dates. On aimerait être plus libres. On veut plus asseoir notre légitimité pour pouvoir plus facilement nous booker. On aimerait bien taper des festivals. Mais on préfère aussi vivre dans le temps réel plutôt que de trop se projeter car à trop se projeter, y’a aucun meilleur moyen d’être déçu.

Il y a vraiment un truc qui est cool avec ce projet, c’est de pouvoir le faire voyager. C’est peut être notre rêve commun. Faire une tournée en Europe, voire dans le monde. Nan ce qu’on kifferait, c’est faire comme Rage Against the Machine et faire un concert devant le CAC40 pour bloquer l’économie. Comment ça me ferait kiffer ça.

Un mot pour le P’tit Rennais ?

Bravo le P’tit Rennais / Pensez à virer vos merdes devant la porte / Grandis / Full Love

Written By: L'Hermite Sombre

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