Greg Kozo

Greg Kozo : “Je suis très curieux” [BARS EN TRANS]

À l’occasion des Bars en Trans, Le P’tit Rennais est allé interviewer Greg Kozo. Auparavant DJ dans le groupe Make The Girl Dance, il se lance aujourd’hui en solo et nous fait découvrir son mélange entre cultures  jazz, hip-hop, électronique, house, pop et rock.


Comment as-tu débuté ta carrière ?

J’ai fait l’École de Jazz de Paris, j’ai commencé à la contrebasse et dans l’arrangement. On m’a souvent dit : « Eh, tu devrais essayer de faire de la production ! ». Je me suis donc lancé dans la production et je suis devenu directeur général de musique des Galeries Lafayette. C’est là que j’ai rencontré Pierre, avec qui j’ai monté Make The Girl Dance , il y a 5/6 ans. J’ai toujours fait de la musique à côté de ça, j’écrivais ma musique et j’ai eu envie de travailler sur mon disque, du coup, mon album va sortir dans quelques mois.

Tu as commencé à produire à quel âge ?

À 22 ans, mais à l’époque ce n’était pas aussi simple, il n’y avait pas tout ce matériel et ces logiciels. À l’époque, mes premiers remixs c’était une tour Mac énorme avec des grosses cartes sons, ce n’était pas pratique. Maintenant, c’est canon ! 

Ta dernière chanson, One Day avec Bitter’s Kiss, comment l’as-tu composé ?

En fait, à la base, c’était un morceau que j’avais écrit il y a 3 ans et pour moi c’était un morceau instrumental. Ça devait le rester mais mon agence l’a envoyé l’été dernier à un mec à New-York, qui connaissait Chloé (aka Bitter’s Kiss) et, sans me prévenir, elle a essayé un truc, elle a posé sa voix. Et, un jour, un lundi, je suis arrivé au studio et on m’a dit : « Au fait, il y a une fille qui a essayé un truc sur ton morceau, écoute ! ». Au début, j’étais un peu furieux, mais en fait elle avait posé les bases de sa voix, je trouvais ça super cool. Comme je suis un psychopathe des versions, j’ai fait 120 versions derrière.

Donc dès que tu as fini un morceau, tu le recommences ?

Oui, c’est ça, c’est une maladie psychologique, en fait. Dès que je suis à deux doigts d’avoir fini, je me dis : « Et si je changeais ça ?». Parfois je change et je vais dédoubler le tempo.

Qu’est-ce qui t’inspire pour créer tes musiques ?

J’ai fait une sorte de boucle, c’est-à-dire que quand j’étais plus jeune j’allais beaucoup à Miami, j’étais très deep house, mais à cette époque-là elle était différente et plus inspirée de la musique africaine. Et ça, c’était vraiment mon truc. Quand je faisais du jazz, j’étais influencé par le hip-hop et ce sont les sonorités qu’on retrouve. Après, quand j’ai fait ce groupe Make The Girl Dance, on était plus sur de l’électro, un peu plus inspiré de l’énergie du rock où ça “tabassait” un peu. Du coup, quand je suis passé sur mon projet, je suis revenu à ce truc-là un peu soft, plus Moodymann, rond, chaud mais toujours un peu punchy.

Si tu pouvais décrire ta musique, tu la décrirais comment vu qu’il y a pas mal de mélanges ?

Ce que les gens ont entendu c’est hyper deep, mais aujourd’hui le mot “deep” est très lisse. Pour moi, il y a un côté Moodymann, musique un peu ghetto qui me parlait un peu plus. Le reste de l’album est plus dans cet univers. Je bosse avec un trompettiste, un mec qui fait du chora, un peu de tout. J’essaie de retrouver la musique d’où je viens, du jazz et du hip hop, tout en étant sur une musique un peu house. J’adore la musique de danse.

J’imagine que tes voyages ont du t’inspirer ? 

Oui à fond, parce qu’avec le groupe on a beaucoup voyagé, on a fait plusieurs fois le tour du monde. Je suis devenu très fan d’endroits en Asie. D’ailleurs, j’y retourne encore maintenant. Le morceau qui est sorti a été tourné avant One Day. J’ai tourné le clip à Bangkok et à Tokyo. J’ai toujours fait en sorte que le clip ait un endroit, une atmosphère. Si tu tournes le clip à Paris, ça ne le fait pas.

On sent que tu es quelqu’un d’ouvert d’esprit…

Oui, je suis hyper curieux. J’adore aller voir ailleurs, je trouve ça cool et intéressant. Et puis, à chaque fois, j’aime bien me perdre. Tu vois, quand on part tourner un clip, j’adore aller en repérage avant, être tout seul, ne pas parler la langue et galérer, c’est un truc que je trouve canon. Enfin, c’est canon quand c’est safe, comme à Tokyo et à Bangkok. Je ne vais pas aller me perdre à Détroit ! Mais par contre, c’est vraiment quelque chose que je trouve intéressant et c’est ce que j’essaie de faire en musique. One Day est une chanson, en termes de format, assez évidente. Par contre, sur l’album j’essaye de chercher de nouvelles choses, de me perdre un peu. C’est pour ça que récemment, j’ai tout changé.

S’il y avait une date justement à retenir d’une tournée ? 

C’est bizarre parce qu’on a fait d’énormes festivals, mais, en fait, ce n’est pas vraiment ceux-là qui m’ont marqué. Je me souviens une fois on jouait dans un club à Madrid, on était 2 000 et là c’était fou quoi ! Un brasier hyper impressionnant et puis tu vois vraiment les gens. Alors qu’on a fait des trucs avec Étienne de Crécy, en Espagne, où il y avait 12 000 personnes, j’en ai pas gardé un grand souvenir. Évidemment c’était cool, mais j’aime bien les petites salles.

Donc tu aimes la proximité avec le public ?

Non, mais tu vois les gens, et surtout, tu vois leurs réactions, tu agis en fonction. Parfois quand tu joues sur des grosses scènes, tu ne sais même pas si ça parle à ceux qui sont tout au fond.

Si tu avais un club à nous proposer ?

J’ai gardé des supers souvenirs du Cielo à New York, qui était vraiment génial. Et sinon, il y avait aussi l’Octogone à Séoul qui est vraiment fou. Le son est hyper bon et le public est super, le public asiatique est vraiment canon.

Comment composais-tu dans ton ancien groupe ?

Liberté totale même si on était deux, donc il y a une partie de moi. Mon pote me disait : « Ouais, ce n’est pas ma came ! » du coup j’enlevais. Je savais de toute façon qu’il y avait toute une partie de la musique que j’écrivais qui est mélancolique, qui ne lui parlait pas. J’ai mis ce que j’avais à mettre dans ce groupe, on l’a partagé et après, tout seul, je fais autre chose.

Quelle(s) différence(s) à produire seul ?

C’est plus personnel et hyper flippant. Parce que jouer à deux sur scène c’est la “marrade”. Tout seul tu as une sorte de pression que je trouve sympa mais … J’ai le trac. Parfois je me demande pourquoi je fais ce taff là, tu sais que tu as un noeud sous le plexus, tu te dis « mais qu’est-ce que je fais ? », je suis trop con, « pourquoi je ne suis pas chez moi à mater Netflix ? ».

Tu sembles avoir beaucoup de projets…

Oui parce que je fais mes propres clips. J’ai trois clips d’avance, un en janvier, un en février et un autre en mars. Donc, pour l’album, on attend un peu. Je pense que ce sera soit avril, soit septembre. On n’a pas besoin de l’album tout de suite, là, il y a plein de morceaux en attente de sortir.

Qu’est-ce que tu vas nous proposer pour les Bars en Trans ce soir ? (ndlr : 3 décembre 2016)

Pour ce soir on est sur une formule un peu particulière, je fais le début de mon set en live et après je vais basculer sur du DJ set, sur la dernière demi-heure, donc c’est un petit live ce soir.

D’ailleurs j’essaye de faire un truc, bon pas ce soir, en général je fais toujours une petite expérience, j’improvise un morceau sur scène, je l’écris. Il y a un dump qui tourne comme ça, je vais l’écrire en direct, mais parfois ça ne le fait pas. C’est quand même magique, il se passe un truc super, c’est hyper flippant mais c’est cool. Après, je t’avoue que sur les très grosses scènes je ne le fais pas. Je ne suis pas complément fou. Mais sur les scènes normales je le fais.

Un p’tit mot pour le P’tit Rennais ?

Breton.

Written By: Hansie Reitzer

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