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Hellfest 2019: le don précieux de la vie éternelle

La quatorzième édition du Hellfest nous a fait don de la vie éternelle. Et ce, pour les quelques 180 000 festivaliers. À Clisson, le feu des enfers nous a consumé d’un amour passionnel et passionnant. Au plus proche du noyau externe de la terre, nous avons vécu une expérience inédite où la magie noire opère. 


Non, les abîmes ne nous effraient plus le moins du monde. Le Hellfest nous a réconcilié avec l’enfer de Dante. Là-bas, les âmes damnées semblent venir tout droit du paradis. Devant le château hanté qui fait office d’entrée, un trône à l’effigie du festival prend place. Bien mieux que le trône de fer. 

Le Hellfest, c’est une véritable religion, une culture à part entière et un monde déconnecté de nos réalités. Nous sommes au coeur d’une ville imaginaire qui vous pénètre avec vigueur. Un village underground qui propose des activités en tout genre. Stand de merchandising, Harley Davidson, magasin Doc Martens, tatoueurs, barbiers, réalité virtuelle avec Arte Concert, tout y est!

Sobriété avec les ZZ Top

Seuls le show et la musique importent. Une affiche jaune est projetée en fond, en l’honneur de leur 50ème anniversaire. Pointures indéniables du rock’n roll, ces artistes ont fait vibrer les plus jeunes comme les plus nostalgiques. Vestes de sequins brillantes qui laissent apparaître des croix colorées, Billy Gibbons et Dusty Hill portent respectivement chapeaux et lunettes de soleil. Un style inimitable et sophistiqué. On croirait des frères. Les guitares en velours et rectangulaires nous en mettent plein la vue. On aperçoit l’un fumer un cigare sur scène. Des papis qui ont la classe! 

Voyage stratosphérique avec KISS

À couper le souffle. Une arrivée fracassante. Des explosions, le rideau qui tombe, une musique qui ébranle tout sur son passage. Les membres de KISS font alors leur apparition. Peintures sur les visages, avec la fameuse étoile et les flammes noires, KISS a tout des plus grands. Une scénographie époustouflante nous hypnotise. On visualise comme des lumières en forme de sabre laser au-dessus de nos têtes. 

“Rock and roll party”

Devant plus de 60 000 personnes, Paul Stanley lâche un “so good”. Derrière eux, des images d’archives de scène sont projetées. “Bouuuuuh boooom”. Le chanteur note sévèrement le public quand il lui demande de faire du bruit. Et c’est un 4 avant que le public ne se surpasse! Des animations 3D avec leur nom sont diffusées. Ils ont beau avoir l’âge de tes grands-parents, pour les suivre, autant bien se tenir. Leurs costumes sont totalement démoniaques. L’un porte une armure à laquelle une cape de chauve souris est greffée et un autre nous fait penser à un Power Ranger. Des guitares électriques à paillettes argentées surplombent la scène. C’est la dernière tournée de KISS et l’on sent qu’ils y mettent tout leur coeur et leur énergie. L’éclate totale ! Gene Simmons ne cesse de déployer sa langue légendaire. 

Des animations de dragons nous donnent rendez-vous aux portes des enfers. Un des membres du groupe lance du feu à l’aide d’une épée. Le rendu est sensationnel. Il crie “HELLFEST YOU ARE AWESOME” et poursuit “let me see your hands”. Puis, nous avons le droit à un superbe solo de batterie. Le musicien est totalement animé. Pour encore plus d’intensité, il est surélevé. On dirait qu’il est sur une soucoupe volante. Un subterfuge réussi pour que les autres puissent se reposer quelques instants. C’est pour ainsi dire du génie. Un freestyle total. 

Mais que diable font-ils ? Sensiblement, ils se font désirer en reproduisant chacun le même exercice. Gene Simmons en profite même pour mettre en scène du sang qui coule de sa bouche. 

Lorsque tous les membres sont de retour sur scène, c’est l’heure de Psycho Circus. On se croirait dans un épisode d’American Horror Story. Parmi les spectateur.rices se glissent des cornes de diable, des oreilles d’elfe, des prêtres. Entendu dans le public “p*tain, qu’est-ce que c’est bon, je me régale.” 

Un final en apothéose avec des feux d’artifice. Mieux que le 14 juillet. En un mot ? Magique. 

Warzone et magic food

Pour accéder à la Warzone, il faut traverser une forêt. Dante écrivait, « Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai par une forêt obscure, car la voie droite était perdue. » Néanmoins, même si la forêt était obscure, la voie n’était pas si perdue. Au contraire. Rendus là-bas, un stand de spaghettis incontournable devenu le point de repère stratégique.

Dimanche sous un soleil de plomb

Tous les plus grands ont été réunis ce week-end. D’abord, Blackberry Smoke nous a accompagné dans la bonne humeur. On a l’impression d’être dans un film, au plus proche des États-Unis. On se croirait presque dans une des scènes du film “A Star is Born”. On écoute au loin la musique tout en traversant les deux arches qui déversent de l’eau. Des installations incroyables dont l’une laisse entrevoir des motifs comme celui du logo ou de la typographie du Hellfest. Sous ces brumisateurs, des sirènes dansent avec grâce. On distingue aussi des visages enjoués, satisfaits de pouvoir enfin se rafraîchir. 

Puis, c’est au tour de Clutch de nous enivrer. Une énergie débordante et un groove qui nous contamine. 

Plus tard, c’est Stone Temple Pilots qui nous entraîne. Le chanteur blond décoloré assure un show artistique typiquement américain. Seul hic: des instru assez proches en terme de sonorités. 

Anthrax prend la relève avec son métal “fucking great”. L’heure de déconstruire nos préjugés sur Joey Belladonna. D’apparence “tout sage”, la fougue l’anime à tel point que les coeurs et les corps tressaillent. 

Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire de sieste en écoutant du métal? Dans le public, des spectateur.rices s’assoupissent tout en profitant de la musique. Quoi de mieux que de s’endormir sur des musiques préférées ? 

Place à Lynyrd Skynyrd. Des drapeaux de l’Alabama et des poireaux parcourent la foule. Derrière eux, un tourne disque et quelques images d’époque. Deux chanteuses font leur apparitions à plusieurs reprises. Un spectacle satisfaisant et revigorant! 

La nuit laisse place aux talentueux Slash et Slayer. Chapeau bas!

Des décors fantasmagoriques

Ceux qui oeuvrent pour les décors ont de l’or dans les mains. Chaque année, les festivaliers sont heureux de pouvoir découvrir de nouveaux ajouts. Ces infrastructures sont littéralement à tomber par terre. Des kilomètres de métaux découpés, des soudures, du recyclage de pneus qui contribuent à perpétuer l’ambiance du Hellfest. À l’origine l’association Monic La Mouche (pour contempler leurs réalisations, direction par ici: https://www.moniclamouche.com/) s’emploie à créer un univers fort, puissant et ténébreux qui nous rappelle celui de Mad Max. Et la nuit, c’est encore plus beau !

Des têtes de morts à hauteur des bars, des fontaines pour les âmes damnées où coule du sang, des mains géantes qui forment le signe du rock. Le Hellfest, c’est une expérience unique en son genre à vivre absolument. Des déguisements et tatouages totalement loufoques nous laissent bien bas. Bouche bée.

La suite? 

L’édition 2019 nous a laissé un sentiment de “j’en voulais encore”, “juste un peu s’il vous plaît”. Pssst, si vous aussi vous n’en avez pas eu assez, rendez-vous les 19, 20 et 21 juin prochains. Réservez vos dates pour un périple fantastique ! Bonus: un bar Hellfest ouvrira ses portes à Paris pour les plus impatients d’entre vous. 

Written By: Jade Ropers

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