Interview Mioshe

INTERVIEW DE LA SEMAINE #37 : MIOSHE

Il a mis sa patte un peu partout dans Rennes, vous avez sûrement vu ses œuvres sans vous en rendre compte. Mioshe est un artiste qui opère dans les arts visuels et la musique électronique. Le dimanche 16 octobre sera l’occasion de découvrir la facette musicale de son prisme, lors de l’Ambiance Electronique 6 dans le cadre du Festival MAINTENANT.


Quand as-tu commencé à développer ton art ?

J’ai commencé par le graffiti dans les années 2000, à Nantes, quand j’étais au lycée. On était dans le spray, bombe sur les terrains en vandale, « à l’arrache ». Après je suis entré aux Beaux-Arts, à Rennes, où je me suis forgé une culture plastique et artistique plus précise. Je pense que c’est ça qui m’a fait évoluer en dehors de la culture graffiti pure. Je me suis alors intéressé à plein d’artistes différents, que ce soit des maîtres de l’Histoire de l’Art de la Renaissance flamande comme Jérôme Bosch ou Bruguel ou des artistes plus contemporains comme Ernest Pignon-Ernest.

10920117_853232621408345_7558977866111103939_o

Tu fais des illustrations mais aussi de la peinture murale, comment travailles-tu ?

J’aime raconter des histoires à travers mes travaux, le plus souvent je trace des éléments architecturaux, et hop, mes personnages se baladent dans le paysage. Ensuite, il se passe des choses entre les figures : des trucs bizarres, des rapports de forces ou des postures absurdes, parfois des scènes érotiques étranges…

Je ne fais pas de différence entre les illustrations et le mur, je vais traiter les mêmes sujets de la même manière. Je vais peindre ou dessiner que ce soit en illustration sur ordinateur avec ma palette graphique ou sur les murs, c’est juste la technique qui change mais le résultat sera le même.

Qu’est ce qui t’as amené à faire de la musique ?

J’ai toujours mixé en tant que DJ en parallèle des arts plastiques. Je suis passionné de musiques électroniques depuis la fin des années 90, début 2000. J’ai découvert la techno, la house avec la « techno de Detroit » comme Jeff Mills, Robert Hood et tous ces artistes là. Pour moi, la musique a toujours été une évolution parallèle mais qui se connecte avec la pratique. Quand tu dessines, tu écoutes de la musique. Par la suite, j’ai fait des projets qui mélangeaient dessin et musique. Ce sont vraiment deux choses qui sont liées.

Qu’est-ce que ces deux arts t’apportent ?

Une complémentarité sensorielle. Pour moi, la musique c’est aussi des bruits, des sons. Quand tu dessines, le bruit de la bille (réf. Le Projet Pilot) qui gratte sur le papier créé une sorte de répétition. Avec Elsa Quintin, on écoutait souvent des nappes d’ambient, avec cette bille qui gratte sur le papier. cela nous enveloppait dans une atmosphère particulière pour créer. J’aime la Noise, l’Ambient et le Field Recording (action d’enregistrer des sons). Dans le dessin, tu n’as pas un rapport direct aux choses, tu es obligé de représenter les sujets avec ton filtre mental et ta main alors qu’en musique la matière sonore est déjà le sujet. C’est différent mais c’est vraiment intéressant de faire le parallèle.

14712804_1223450151053255_2672733273183643107_o

Qu’est-ce que tu aimes expérimenter dans la musique ?

Je n’expérimente pas forcément puisque j’utilise des pièces qui existent déjà. Le DJ set pour moi c’est raconter une histoire. J’aime bien faire des sauts, des ponts entre des univers différents. L’idée c’est d’avoir un fil et de se balader. Parfois je peux rajouter un peu de matière sonore, des voix ou des bruits que j’ai trouvée sur le web ou enregistrée. Mais ça reste assez simple, tu travailles les « equalizations » (égalisations) pour faire les transitions et puis c’est bon.

Qu’est-ce que tu nous prépares pour l’Ambiance Électronique 6 d’Eumolpe ?

Eumolpe est un label dont l’idée est de travailler sur des ponts entre les styles. Je joue en duo avec Francis qui est le label manager d’Eumolpe. On veut faire, en début de soirée, un mélange entre des productions du label qui l’identifient un peu, et, ensuite, on va partir dans quelque chose de plus appuyé, plus rythmé, mais toujours assez éclectique. Il va y avoir de la House, Techno, des trucs un peu plus pop “barrés”, des trucs expérimentaux, ethniques, dark, de tout quoi !

Lequel de tes projets te tient le plus à cœur ?

Le dernier gros projet sur lequel j’étais vraiment impliqué, c’était « Humano Plancton » avec le Centre d’Art Contemporain « La Criée » à Rennes. On a travaillé une année avec les villes de St-Malo et Rennes sur l’océan, les origines du vivant, le plancton. Je suis aussi très lié à l’océan, j’y vais souvent pour surfer. On a travaillé pendant une année avec des enfants, on a créé un jeu mobile où ils peuvent interagir avec les planctons qui y sont dessinés. Et j’y ai fait cette fresque « Humano Plancton » à Saint-Malo. J’ai vraiment du mal à en décrocher.

img_1129-768x1024

Fresque « Humano Plancton ». Mioshe

Qu’est-ce que tu penses de Rennes ?

Je suis hyper fier de ma ville. Je suis natif de Rennes donc j’ai vu l’évolution que ce soit au niveau culturel ou au niveau de l’urbanisation. La ville de Rennes est en plein changement, c’est sûr, et surtout il y a une énergie au niveau événementiel qui est dingue.

Un petit mot pour Le P’tit Rennais ?

Eh bien, merci de m’accorder ce petit moment et il faut continuer à mettre en lumière la culture à Rennes !

Written By: Cécile

Le plus important pour moi, c’est d’être soi-même et de rester fidèle à cette pensée. Une description est difficile à faire, c’est dire qui on est alors qu’on ne le sait même pas totalement. Je sens qui je suis mais mettre des mots sur cette sensation me dépasse. Je sais que je suis là pour mes amis, que j’aime mes proches et que je suis sacrément curieuse et bavarde. Mais, je ne sais pas tout sur moi, et ça l’avenir me le dira, je n’attends que ça.

No Comments

Leave a Reply