Interview Friperie : collectif de friperies nomades Les Surannées

On est arrivés à l’ entre deux saisons, ce moment où ce n’est pas tout à fait la fin du printemps mais pas encore le début de l’été non plus. Ce moment où on peut sentir s’accroître la chaleur et la lumière du soleil. Je vous parle de dynamisme climatique pour en fait vous parler de dynamisme humain… Subtilement ! Oui car à chaque interview de mode que j’écris, je trouve fabuleuse la façon dont la mode et ses métiers perdurent siècles après siècles. Alors quand j’ai la chance d’être au cœur d’un collectif de mode pour découvrir son univers, c’est magique ! Marion, une des six gérantes des Surannées me répond et fait venir le soleil avec une vision sympathique & engagée de la mode universelle !

Lucie Le Houëzec : « Parle-moi de ton parcours professionnel jusqu’à maintenant »

Marion Surannées :  » Les Surannées, c’est un collectif. Nous sommes six boutiques de fripes et de brocante indépendantes réunies sous ce nom et régulièrement nous travaillons ensemble, notamment pour organiser des événements par nous-mêmes, car ensemble nous sommes plus fortes. Donc six boutiques, six personnes, six parcours individuels riches et différents qui se complètent très bien.

Le collectif est né de la rencontre entre des professionnelles sur des événements de fripes qui partageaient les mêmes valeurs de sororité, qui voyaient leurs activités comme complémentaires et non comme concurrentielles. Et d’autre part, des amies qui se sont encouragées dans la création et la vie de leur activité et qui souhaitaient travailler le plus possible ensemble. Car l’auto-entreprenariat est assez isolant, le collectif permet de donner un sens supplémentaire à nos activités. « 

Lucie Le Houëzec : « Parle-moi de ton métier, des partenariats, des clients (les visés et les différents types) et tâches globales à accomplir lors d’une commande, d’une vente et d’un showroom.
La mode actuelle est constamment confrontée au dilemme « consommer slow fashion ou fast fashion », qu’en penses-tu ? Et que penses-tu de la vente d’occasion et de ses opposés : la vente industrielle et la vente artisanale? »

Marion Surannées :  » Notre quotidien de travail c’est d’aller chiner, le plus possible, trouver ses bons coins à champignons pour faire un parallèle. Avec l’expérience, on sait où et quand il est le plus opportun d’aller investir notre temps de recherche. C’est un métier de curiosité et de patience, mais bon, nous faisons toutes ce métier notamment parce que nous adorons chiner mais que nos appartements ont des murs, donc on ne peut pas tout garder ! C’est le plaisir de la trouvaille, du déballage lorsqu’on rentre chez nous, de recherche de l’histoire du vêtement, d’une marque, d’un créateur..

Ensuite, place au moins marrant : le nettoyage, les réparations, l’entretien, la sublimation, le repassage, l’étiquetage.

Puis vient le travail en réunion et en équipe, d’organisation des événements : « où? », « quand? », répartition des charges en fonction des quotidiens de chacune, et la communication, sur nos réseaux et l’affichage.

Et ensuite : le transport, le montage de la boutique éphémère, parfois pour juste un après-midi. Rencontrer les clients, qui peuvent complètement varier en fonction des lieux, pas vraiment de nous, même si nous avons nos fidèles qui nous font confiance sur nos sélections et savent qu’ils trouveront leur bonheur chez nous. C’est aussi pour cela qu’on réfléchit bien aux endroits où on va essayer de monter une vente : « est-ce que nos portants vont rencontrer la clientèle adaptée à tel endroit ? » Parce qu’il ne suffit pas juste d’être là.

Et puis sans surprise, la remballe, le debrief ensemble et avec le lieu pour s’assurer du bon déroulé de l’événement et voir si une prochaine édition est possible !

Tu prêches ici des convaincues. Nous sommes évidemment de ferventes défenseuses de ce qu’on appelle “slow fashion”. Après, l’occasion est aussi un marché qui peut être réalisé loin des valeurs “slow” et reproduire une consommation outrancière déculpabilisée par le réemploi. Dans le collectif, pas d’achat de gros à l’étranger qui arrive par camion. Toutes nos pièces, nous allons les chercher, les sélectionner individuellement. Nos boutiques sont à taille humaine puisque nous devons les emmener avec nous. Ça a beaucoup de sens pour nous de continuer de travailler ainsi. Pour autant, nous estimons aussi que la seconde main doit rester abordable, c’est aussi le principe de base ! Nous proposons des vêtements sélectionnés, avec chacune nos esthétiques, époques favorites. Chaque pièce étant unique, les prix varient mais pas en fonction de la demande sur le type de pièce, en fonction plutôt de 1/ notre temps de travail et 2/ sa qualité. « 

Lucie Le Houëzec : « Décris-moi le décor et le fonctionnement de ton lieu de travail »

Marion Surannées :  » Nous n’avons pas de boutique physique chez Les Surannées, nous sommes un collectif itinérant, de la fripe nomade comme on aime le dire. On s’installe aussi bien aux Halles Martenot pour faire le rétro market de Banana Juice Record tous les trimestres, que dans des bars ou des cafés comme aux Café des Champs Libres que l’on investit pour la seconde fois les 1 et 2 juin prochains. On s’installe également dans des festivals, open air, soirées comme celles de l’Ubu. Et parfois, nous organisons des pop-up dans Rennes comme à La Parcheminerie ou dans le local de VillaBoubou rue Victor Hugo. « 

C’est un joyeux déménagement perpétuel, à chaque fois une nouvelle réflexion sur la décoration, la sélection, le merchandising… »

Lucie Le Houëzec : « Et pour te laisser le fin mot de cette interview, définis-moi le mot  » vêtements d’époque » »

Marion Surannées :  » Pour moi tout vêtement est le vêtement d’une époque. C’est celui qui appelle vos représentations, votre imaginaire, vos souvenirs d’un certain temps « 

Les Surannées, collectif de friperies nomades ponctuelles & événementielles –

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