Hyphen Hyphen : “On essaye de transposer ce qu’on vit, nous, notre génération.”

Dans une série sans décodeur, retrouvez Le P’tit Rennais avec Hyphen Hyphen. Un groupe à la cool comme on les aime, rencontré au détour du Pont du Rock. Par 35°C, on les rejoint sur le sofa autour de vieux meubles prêtés par les riverains malestroyens. 


À côté d’un mini étang aménagé, le groupe se confie librement. Références musicales, cinématographiques et engagements vont bon train. Hyphen Hyphen, c’est ce groupe qui fédère, transpose la réalité et nous laisse envisager de nouveaux possibles. C’est pop, rock, électro et ça fait du bien. La cerise sur le gâteau ? Une bonne dose d’humour saillant.

LPR : Pouvez-vous vous présenter au P’tit Rennais ?

Hyphen Hyphen : Nous sommes Hyphen Hyphen.

– Moi c’est Adam, je joue de la guitare pour Hyphen Hyphen.

– Moi c’est Santa, je suis la chanteuse.

– Moi c’est Line et je fais de la basse.

LPR : Quelles sont vos influences musicales ?

Santa – C’est assez large, je pense que c’est tout ce que l’on peut réunir dans la pop. On est nés dans les années 90. Clairement, on a énormément de références RnB, qui était déjà une redigestion de soul, de gospel et une version mélodique du hip-hop.

Line – Et puis aussi tout ce que nos parents nous ont fait découvrir quand on était gosses, comme les Talking Heads.

Adam – Ou les Rolling Stones.

Line – Et les Dire Straits. On a mélangé tout ça.

Santa – Si on arrivait à être un petit groupe qui plairait à tout le monde, ce serait génial.

LPR : Un titre qui a marqué votre enfance ?

Line – Rod Stewart – Da Ya Think I’m Sexy.

Adam – The Rolling Stones – Paint It, Black. Sympathy for the Devil.

Santa – Et toutes ces conneries, Eiffel 65 – Blue (Da Ba Dee) ou même Aqua – Barbie Girl. Ça, ça nous a traumatisés.

LPR : Est-ce que vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Santa – On se « peinturlure », de peintures de guerre ou de ralliement, c’est comme vous préférez.

Adam – Comme une sorte de masque.

© David Esnault

LPR : Pour rebondir sur vos propos, comment élaborez-vous votre scénographie ?

Santa Le maquillage, c’est le moment où tu passes de l’autre côté. Tu peux te permettre de devenir exactement qui tu veux être. C’est à ce moment précis que nos muscles se « gainent » et que l’on rentre dans la partie « performeurs ».

Adam – La scénographie, c’est toujours un aspect qui a eu énormément d’importance pour nous. Enfin, dès le début. Quelque chose qu’on a toujours essayé de faire au mieux.

Santa – Actuellement, le show a pris une importance plus grande. Depuis toujours, on fait avec les moyens du bord. Mais là, on a plus de moyens, alors on a des lumières exceptionnelles et un logo énorme derrière nous.

Adam – On s’agrandit sans cesse.

LPR : Un film préféré en commun ? Ou un film que vous matez ensemble après la scène ?

A l’unisson, pleins d’entrain, regards complices – Souvent, on fait la fête.

Line – On a les mêmes goûts. Spielberg notamment, on adore E.T.

Santa Tanrantinais, oups, Le P’tit Rennais. Rires. (On adore le lapsus)

Tarantino, tous les Tarantino. Kill Bill. Les deux volumes. L’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs le deuxième est beaucoup plus ancré dans le réel, en hommage à tous ses films d’action. Matrix et tout ce qui arrive à transposer la réalité.

LPR : On imagine que vous avez apprécié les dernières séries produites ?

En cœur Westworld. The Handmaid’s Tale était extraordinaire. Sense 8 aussi.

LPR : Et un film qui vous a saisi récemment ?

Le dernier c’était Mademoiselle.

Line à Santa – Tu te rappelles, on l’avait vu ensemble ? Il faut le voir. La photographie est incroyable dedans. C’est un grand moment d’amour. Par contre, on a été déçu par The Shape of Water. Et sinon, on aimerait bien voir Love, Simon.

LPR : Une radio indépendante à nous conseiller ?

Depuis Nice, on captait pas grand chose (rires).

Radio Monaco était assez spé’. Elle l’est toujours, d’ailleurs je pense que nos premiers EP passaient dessus.

LPR : Nova, c’est une radio qui vous parle ?

On a joué aux Nuits Zébrées pour eux. Au Stéréolux. C’était un de nos premiers concerts. Et complet en plus. D’ailleurs, pendant l’hiver on reviendra peut-être en Bretagne.

LPR : Un featuring de rêve ?

Nous on voyait bien David Byrne avec The Weeknd + Rod Stewart. Oh ouais. Et le p’tit dernier ? Un petit Kanye. Et un rappeur, 070 Shake. Ou un truc plus absurde genre Eminem, mais y a dix ans, sans la chirurgie esthétique et tout ça. D’ailleurs on lui demande juste de nous envoyer les bandes, il viendra plus tard pour le clip.

LPR : La spécialité bretonne pour laquelle vous craquez ?

Santa – Crêpe ft. Merguez.

Adam – Galette ft. Saucisse. Pendant un an, je n’ai pas arrêté d’en manger.

Line – Les crêpes.

LPR : Un problème sociétal qui vous touche ?

Plein. Le droit des femmes. Et l’homophobie. Des problèmes que la société subit. Donc c’est ce qui nous touche le plus directement. On est engagé de manière non engagée en fait. On essaye de transposer ce qu’on vit, nous, notre génération.

LPR : Un groupe niçois que vous aimeriez nous faire découvrir ?

Ninety’s Story.

Adam – QLF. C’est le groupe de mon petit frère. Il chante et il est au clavier. C’est très pop-électro et romantique.

LPR : C’est génial ça ! On a lu que vos parents étaient/sont musiciens. C’est exact ?

La mère de Santa, oui. On va reproduire les Daisy Duck (rires). Ce serait beaucoup trop dur à gérer.

LPR : Quant à vos projets futurs ?

La tournée, qui va être extraordinaire. On a envie de faire vivre l’album le plus longtemps possible et de faire en sorte que la tournée grandisse justement. Actuellement, on nous annonce plein de dates complètes donc on a hâte de poursuivre. On est pressé de sortir un second clip, d’un nouveau single. On a grandi avec notre deuxième album, dans l’idée que l’on puisse s’écouter soi-même. Le premier était vraiment un prétexte pour la scène. Celui-ci est vraiment pour le format album et il grandit sur scène, c’est un processus inverse.

LPR : Vous avez quel âge ?

25 ans. Sur le premier album, c’est une sorte de best-of de toutes les choses qu’on a produit par le passé alors que le deuxième, on l’a écrit en un an.

LPR : Pour la petite blague, vous auriez un mot sur la bagarre Kaaris Vs. Booba ?

Line – On pensait que tous les deux étaient gays et j’ai lancé cette vanne à l’aéroport et ça les a chauffés. Tout ça c’est de notre faute. Ils luttaient contre leur homosexualité du coup, ils se sont mis sur la gueule. Ou alors, ils avaient envie de se pécho depuis tellement longtemps, qu’ils n’arrivaient pas à gérer ça. Ils n’osaient pas l’embrassade. C’était le téton saillant de Booba qui a un peu chauffé Kaaris.

© David Esnault

Written By: Jade Ropers

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