Interview avec le gardien de l’âme de La Route du Rock : François Floret

Interview avec le gardien de l’âme de La Route du Rock : François Floret

Directeur du plus petit des grands festivals, François Floret joue un rôle indispensable. Organiser un festival de quatre jours en août demande de l’expérience, c’est pourquoi pour cette 28ème édition de la Route du Rock collection Été, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus. Entretien.


François Floret par Taste of Indie

“Le plus petit des grands festivals”

Le P’tit Rennais : “Le plus petit des grands festivals français”, comment on peut devenir gros en restant petit, quelles sont les limites ?

François Floret : Grand pour la qualité de service et d’accueil professionnel, et petit par la taille humaine, on reste sur un festival humain, avec des petites jauges mais des grands groupes. Cette formule de Richard Belia, qui avait dit dans un de ses articles pour Voyages Catra (voyagiste qui organisait des trajets de bus pour venir aux festivals), nous caractérise bien.

LPR : Une édition Été colorée pour une édition au soleil ?

FF : Alors ça, c’est une question pour Alban Coutoux, le directeur artistique et programmateur de la Route du Rock (rires) !

Alban : Le thème du festival est rouge et bleu et l’idée pour l’été, c’est ce côté très pop, très années 70, avec ce style lava lamp. Des applats de couleurs très minimales. Avec une typo classique la Futura.

“On espère avoir les astres alignés”

LPR : Comment laisse-t-on la place aux nouveaux dans un festival comme celui-ci avec des grands noms comme Phoenix, Patti Smith, Étienne Daho ?

FF : Il n’y a pas vraiment de condition, on essaie d’avoir un grand nom par soir, on espère avoir les astres alignés. Nous avons eu le luxe cette année d’avoir des têtes d’affiche alléchantes. C’est historique, un dimanche avec Charlotte Gainsbourg et Phoenix, un samedi avec Nils Frahm et Étienne Daho.  Et c’est le même bonheur de programmer tous les artistes peu importe leur taille.

LPR : Un mix des genres musicaux mais restant fidèle au rock. Je pense aux autres festivals Rock en Seine, Artrock, Garorock qui font de la place à d’autres styles musicaux. C’est une volonté du festival et du programmateur de rester dans l’indie ?

FF : On a un peu interloqué nos fidèles en programmant autant de grands noms. J’entends bien ce qu’on me dit mais nos artistes restent cohérents artistiquement pour le festival. Étienne Daho correspond à l’ADN du festival, de même que Charlotte Gainsbourg avec son dernier album. On a progressé et maintenant, il faut trouver un équilibre entre les têtes d’affiche et les artistes en devenir.

Alban Coutoux & François Floret

“Une édition 2018 Hiver vraiment chouette”

LPR : C’est vrai que l’été, la ville de Saint-Malo vit du tourisme, mais avec les concerts sur la plage et les films au cinéma, il y a forcément des retombées pour eux. Comment cela s’explique que les subventions n’aient pas évolué depuis 10 ans ?

FF : On a besoin d’un socle vital, les subventions de tous nos partenaires publics sont indispensables. Maintenant pour évoluer on a besoin de mécènes, de partenaires et de sponsors. Des partenaires qui cherchent une visibilité à travers l’image et les valeurs du festival. Pour plus de souplesse on passe désormais par une entreprise spécialisée dans la recherche de partenaires, CULT&COM, qui travaille aussi avec Mythos, Les Vieilles Charrues ou encore Panoramas.

LPR : Et l’édition Hiver, comment c’était cette année ? Satisfaits ?

FF : Une édition 2018 Hiver vraiment chouette, avec un samedi archi complet avec Baxter Dury, et on est pleinement satisfaits. C’est une programmation différente, en salle, à la Nouvelle Vague.

LPR : Est-ce qu’il y a un public La Route du Rock ?

FF : La question est bonne mais je pense que depuis quelques années, on retrouve un public moins unique. Les gens retrouvent maintenant toute l’année les artistes partout en France donc forcément, ça donne envie de se dépasser pour trouver des noms différents.

On aime ces festivals qui ont un public bien spécifique et qui nous ressemblent comme le Motocultor ou le Binic Folks Blues Festival. Des festivals qui sont courageux en prenant des risques.

“Un show visuel qui vaut vraiment le coup”

LPR : Le coup de cœur du directeur ?

FF : Un gros coup de cœur pour Charlotte Gainsbourg et son dernier album avec Sebastian. Un mélange d’electro, de textes poétiques et un show visuel qui vaut vraiment le coup ! Une petite préférence également pour John Maus, qui produit un truc surréaliste avec une folie contrôlée, mais qui ne sera pas là cette année pour des raisons familiales. En tout cas, pour l’avoir vu c’est à faire !

La Route du Rock

On se retrouve du 16 au 19 août au Fort de Saint-Père, toutes les infos et la billetterie sont à découvrir sur http://laroutedurock.com/

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