Moha La Squale : le troubadour de la jungle

Moha La Squale : le troubadour de la jungle

Sauvage dans sa voix et doux dans ses yeux, enfant pour toujours et adulte depuis longtemps, Moha la Squale ne laisse personne indifférent. Le rappeur du moment a secoué la scène du Liberté à Rennes ce vendredi 9 novembre avec sa puissance et sa charmante spontanéité.

La salle commence à se remplir au fur et à mesure. Il y a encore des gens dans la queue, ils regardent l’heure, la tension est perceptible sur leur visage. Ils ne veulent pas rater un seul mot sortant des lèvres de l’enfant « de la banane ». Il finit par apparaître et, par réflexe :tout le monde sort son portable.

Le parisien a voulu partager avec le public rennais non seulement sa musique mais aussi son histoire, toujours accompagnée par sa lune, celle qui le fait briller partout où il va. Plutôt que des fans, des accompagnants de « Bendero » étaient avec lui, pour lui montrer qu’ils adorent La Squale.

Ils étaient nombreux à le filmer sans arrêt, à vouloir arrêter le moment pour se régaler plus tard et, oui, aussi pour se vanter d’être face au rappeur de l’année. Certaines personnes utilisaient des filtres snapchat avec une forêt tropicale. Pas besoin, il avait déjà sur scène un palmier qui dessinait une des vignettes de son film particulier. Moha La Squale a créé des signifiants pour des mots, la banane n’est alors plus une simple banane. Il a aussi utilisé le scénario de sa vie comme moteur de ses chansons.

Le sourire dans le regard, le rappeur a bouleversé les sentiments, a mis des mots où il y avait du vide et il a arraché à chacun une partie de sa vérité, de son amour et de sa haine. C’est ça le rap, l’enfant de la rue le sait bien. Décrire ses paroles s’avère inutile, il dit tout, il pense tout et alors il le chante. Rien d’édulcoré chez lui, l’essence du rap au naturel.

Torse nu, l’enfant de la jungle a trouvé le confort, lapaix dans le théâtre, qui est devenu la façon qu’il a de s’exprimer à côté dela musique. Il est physique, sa force réside dans sa performance en scène et ilfait appel à son âme et ses tripes, ça se voit et, surtout, ça s’entend.

Par Laura Diaz et Jean-Adrien Morandeau

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