Interview de haut vol avec XanaX des Svinkels

Dans le cadre du Mythos Festival, nous avons pu approcher l’un des pontes du rap français, Mr XanaX, membre de la formation des Svinkels. On a discuté de production, d’anecdotes, et pleins d’autres choses. On vous laisse savourer ça avec une bonne bière à la main.

 

Tu connais un peu la Bretagne ?

Et bien figure-toi que oui, car avec les Svinkels on a commencé vraiment tout le processus de tournée dans la région : Finistère jusqu’à Saint Brieuc, tous les petits villages, parce qu’au début on jouait surtout dans les bars et il n’y avait que ces fous de bretons pour vouloir de nous. On a même habité à Brest pendant un moment, mais jamais à Paris. On peut dire qu’on a bien écumé la Bretagne. Rennes aussi d’ailleurs, je me souviens particulièrement d’un Bar en Trans où le videur se marrait car c’était tellement le bordel, il y avait des traces de pieds sur les murs.

Et XanaX, c’est par rapport au médicament ?

J’ai des amis qui sont très pince-sans-rire. Un jour j’ai fait une crise de nerfs, mon médecin n’a pas cherché à comprendre, il m’a directement prescrit des xanax. Il faut savoir que je m’appelle Xavier, mes potes m’ont donc montré du doigt : « Ah XanaX ça te va bien ». C’est donc resté.

Au départ les Svinkels c’est un délire ou c’est contestataire ?

Les gens se trompent toujours beaucoup là-dessus. Nous ne sommes pas les Che Guevera de la bière, je vous rassure tout de suite. On se tue à le répéter à chaque interview. Effectivement il y a un petit message. Tu dois mener ta vie, c’est pas facile, mais si un soir tu as envie de faire une connerie parce que tu es trop bourré, n’ais pas peur d’être trop ridicule. N’ayez pas peur de vous lâcher. On dit jamais aux gens de prendre de la drogue. On dit juste « Bon voilà si tu as envie de fumer un joint casse pas les couilles, ne nous emmerdes pas ». Et puis on s’adresse pas nécessairement à des enfants, donc à un moment donné, tu as aussi ton libre arbitre et personne, à part si tu fais partie d’une secte, ne t’oblige à faire n’importe quoi.

Les Svinkels c’est donc quoi à l’origine ?

Le délire part vraiment de Nikus Pocus et de Gérard Baste. Il se trouve que quand ils ont vraiment monté le truc, moi j’étais sur d’autres projets. Donc quand j’ai croisé « ces deux connards », j’ai tout de suite accroché, comme beaucoup de gens. Et au lieu de faire mon truc tout seul et vu que j’étais encore très jeune et très peureux, je me suis dit qu’on avait quelque chose à faire ensemble. On a ensuite bossé avec beaucoup de DJ. Dont Fred Lansac, qui a vraiment construit la base des Svinkels. Personne ne nous proposait trop de trucs, on était un peu entre nous. C’est le seul qui nous a ouvert sa maison, qui a travaillé pas mal. En plus c’est quelqu’un de très stylé, un grand re-noi qui ressemble à Method Man , qui danse pas mal. Qui sait très bien ce qu’est une scène. Parce qu’il faut dire la vérité aussi. Notre première signature de label s’est faite uniquement parce que le patron du label est arrivé à la dernière minute, du dernier morceau du concert. Il a complètement bloqué sur Fred Lansac. En gros si on a signé aussi vite c’est aussi grâce à lui. Rendons à César ce qui appartient à César.

Pourquoi refaire une tournée ?

J’ai envie de te dire pour l’argent (rires). Non mais c’est très simple. Regarde où on est. Joli décor, du soleil, à priori on fait quand même ça pour prendre du plaisir. Celui que tu prends en studio, il est relatif. En gros, tu travailles des semaines sur ton mix et si tu es content ou pas, ça dépend du mix. Au moins, quand tu tournes, même si des fois tu es dans des conditions de merde, tu as toujours un rapport au public. Moi j’ai 46 ans, même si je suis totalement irresponsable, il y a quand même des moments dans ma vie où je me suis demandé quel était réellement mon intérêt à évoluer dans cette société-là. C’est une sorte de médecine. Tu viens me voir pendant une heure et demi. J’essaye de faire en sorte de te créer des souvenirs. Ça a l’air de rien comme ça, mais c’est une soupape de sécurité qui peut être intéressante. Notre place dans la société est quelque part par là. Tu es toujours en train de te positionner par rapport à toi-même. Mais il y a aussi un moment donné où tu te demandes : ta place par rapport aux autres c’est quoi ? J’ai eu pas mal de temps pour réfléchir à ça.

Vous êtes un peu les papas d’une certaine forme de rap ?

Quand on a commencé, il y avait pas énormément de monde qui prenait le truc par ce biais-là. Après oui, la paternité ça dépend où tu la places, genre sur Karlite et Kabok, même si on est pas fière de tout ses enfants, ou même A2H, avec qui je travaille. D’ailleurs petite exclu, A2H en première partie des Svinkels à l’Olympia. En 2012, on a fait un EP ensemble, “Tel Père Tel Fils”, qui n’a pas eut beaucoup de retombée, mais j’en suis fière. Même si on est pas identique, et qu’on part pas toujours dans la même direction. On a toujours l’énergie pour délirer et se lâcher sans se bloquer.

Et vous comptez faire quoi par la suite ?

Et bien à un moment donné on s’est dit que le fait de renouer les liens et le fait que ça se passe super bien pousse la roue de l’envie. On est très chaud pour refaire quelque chose. Faire un album, ou du moins faire de nouvelles choses avec des influences trap ou cloud.

Photo : Alexandre Besnard

  https://www.instagram.com/nanardiso/

Written By: L'Hermite Sombre

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